• Hiver à Sokcho, Éditions Zoé, 2016 ; 141 p.
★★★★★★★★★☆
Mon avis :
J’ai découvert l’autrice Elisa Shua Dusapin au Festival America en septembre dernier, lors d’une rencontre dans la crypte de l’église, par un matin glacial. Elle était invitée avec Anne Michaels et Tyriek White à parler sur « l’au-delà des mots », ou comment l’écrivain fait entendre ce qui se passe de mots. Ce fut une table-ronde émouvante et inspirante (spoiler alert, j’ai acheté les romans des trois auteurs en sortant haha). Le rapport à la langue et au mot d’Elisa Shua m’a captivée (elle est franco-coréenne et a grandi en Suisse), et j’ai commencé Hiver à Sokcho, son premier roman, dans les transports en rentrant chez moi.
Sokcho est une petite ville côtière de Corée du Sud, prise dans l’étau de l’hiver. Non loin, la politique gronde à la frontière avec le Nord, mais ce roman est comme une bulle. Les sons du dehors sont assourdis, seuls les souffles sont audibles. Ceux de deux humains qui s’observent et se frôlent. Deux humanités en quête de sens, d’inspiration, de rédemption, peut-être. Elle, dépaysée dans son pays car à moitié française, travaille dans une pension où lui, français et auteur de Bd, pose un jour ses valises.
L’écriture de Hiver à Sokcho sculpte habilement dans les silences et les non-dits un roman délicat et habité par la grâce. C’est très beau.
(Une adaptation pour le cinéma vient de sortir, mais pour le moment je n’ai pas envie de la voir)
• Le vieil incendie, Éditions Zoé, 2023 ; 141 p.
★★★★★★☆☆☆☆
Mon avis :
A peine refermé Hiver à Sokcho, j’ai commencé la lecture de celui-ci – mais le charme a moins opéré cette fois.
Le vieil incendie se passe en France, dans le Périgord. Un dépaysement plus intime : celui des dissonances entre les êtres. Deux sœurs se retrouvent pour vider la maison familiale, après le décès de leur père. Une maison perdue dans les bois, deux sœurs perdues de vue. Agathe a fait sa vie aux Etats-Unis, où elle écrit des scénarios. Véra, la plus jeune des deux, ne parle plus depuis ses six ans et est aujourd’hui artisan en stabilisation florale.
J’ai été un peu déçue par les personnages, assez désagréables et peu attachants. Le vieil incendie est un roman aigre-doux et baigné de tristesse, mais à mesure que le passé commun d’Agathe et Véra affleure, l’histoire prend une densité moins pesante.
Exploration des non-dits entre les êtres, les plus redoutables étant peut-être ceux que l’on se cache à soi-même, Le vieil incendie questionne sur les chemins à prendre.
« Véra bouge sous ma paupière comme un cil qui ne s’en va qu’avec des larmes. »




J’aime bien ta manière de parler d’Hiver à Sockcho dont nous avions discuté je crois. Quant au second, je pense que je ne le lirai pas !
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Merci Cécile ! Oui effectivement nous en avions discuté 😃
Le vieil incendie n’est clairement pas de la même trempe… j’ai néanmoins acheté son Vladivostock Circus, et je pense que je lirai aussi ensuite le quatrième dont le nom m’échappe là tout de suite. L’espoir de retrouver la même étincelle que dans Hiver à Sokcho 🥰
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Oui je comprends ! Quand on un livre nous a marquées…
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Le film avec Roschdy Zem vient de sortir. C’est un acteur que j’aime beaucoup. Je ne connais pas l’actrice. J’ai très envie de le découvrir.
Merci Hélène pour cette belle critique 🙏🏻
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Merci Evelyne ! As-tu vu le film, finalement ? Moi, pas encore, mais je pense être bientôt prête 🙂 Bon weekend à toi, bises
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Je ne l’ai pas vu, c’est dommage. Il n’est pas resté longtemps à l’affiche. Nous pourrons le voir sans doute sur Netflix ou canal.
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Oui tu as raison, je le guetterai en streaming !
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Je te souhaite un beau week-end Hélène ☀️
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J’avais beaucoup aimé Hiver à Sokcho, mais rien relu d’elle depuis… jusqu’à avant-hier où j’ai emprunté Le vieil incendie à la bibliothèque et lu dans la foulée. J’ai été bien déçue, outre les personnages peu sympathiques, j’ai trouvé que tout ça ne tenait guère debout. Elles ne se sont pas vues depuis quinze ans, et là, décident de passer neuf jours ensemble, quasiment collées l’une à l’autre, là où une journée suffirait… Tout m’a laissée de marbre dans ce roman !
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Coucou ! Oui tu as raison, rien ne tient bien debout dans ce roman. Je me rends compte en lisant ton commentaire que, sans doute car je l’ai lu dans la foulée de Hiver à Sokcho, il a dû bénéficier d’une contamination positive haha, et pareil en écrivant mon avis, j’ai été bien trop « gentille » par rapport à mon ressenti, finalement 🙂
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