Bouquet d’avis #11 : Le gardien des souvenirs – Sanaka Hiiragi / Abandon – Joanna Pocock

Tout d’abord, je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2026, avec un max de joie, de douceur et d’épanouissement dedans 😉

Voici, pour commencer l’année, deux petits avis de lecture : un roman japonais aux allures de nouvelles, Le gardien des souvenirs de Sanaka Hiiragi, et un récit de « nature writing introspectif », si on peut dire, écrit par une journaliste d’origine canadienne, Abandon : l’appel des grands espaces américains de Joanna Pocock (lui, je l’avais découvert à l’avant-dernier festival America).

Le gardien des souvenirs – Sanaka Hiiragi

人生写真館の奇跡 (Jinsei shashinkan no kiseki, 2019). Traduit du japonais par Jean-Baptiste Flamin. Éditions Nami, 2024 ; réédition en poche chez Points, 2025, 192 p.

★★★★★★★★☆☆

Mon avis :

Ce roman est articulé autour de trois histoires. Au départ j’ai cru à un recueil de nouvelles déguisé, avec un alibi fantastique – un studio photo par lequel les morts passent tous après leur trépas, un studio animé par « le gardien des souvenirs » du titre. J’ai beaucoup aimé la première histoire, mais le passage avec le « gardien » m’a semblé longuet, je n’ai pas accroché. Il s’avère que ce « liant » de l’histoire est finalement important – mais la construction est je trouve, mal équilibrée.

En revanche, les trois histoires sont vraiment formidables. Une éducatrice de jeunes enfants après la guerre, un yakusa réparateur, une enfant maltraitée.

Le gardien des souvenirs est un roman touchant.


Abandon : l’appel des grands espaces américains – Joanna Pocock

Surrender : the call of the american west, 2019. Traduit par Marc Charron & Véronique Lessard. Mémoire d’encrier, 2021 ; réédition en poche chez 10-18, 2022, 336 p.

★★★★★★☆☆☆☆

Mon avis :

Joanna Pocock a grandi au Canada et vécu vingt ans à Londres, avant d’aménager dans le Montana avec son mari et sa fille de 8 ans, en 2014. Abandon est autant un récit de vie que des réflexions sur l’ouest américain et les diverses communautés humaines qui y vivent proches de la nature.

L’autrice a une démarche journalistique et une écriture fluide, et Abandon se lit comme un documentaire, avec une touche personnelle en plus qui suit le même fil rouge, car elle se demande à l’aube de sa ménopause si elle n’aspire pas aussi à un réensauvagement.

J’ai vraiment apprécié ma lecture pendant les deux premiers tiers du livre, j’ai appris plein de choses, parfois passionnantes. Par exemple, je n’avais aucune idée que le nomadisme des autochtones les menait également à suivre les ressources du pays en noix, fruits et racines, selon les saisons ! (je pensais seulement à la viande). Ressources qu’ils consommaient et replantaient, à mesure et continuellement, sur leur route.

Bon par contre, l’autrice m’a perdue à partir de la page 220, quand elle raconte le séminaire d’écosexualité auquel elle a participé. Les bras m’en sont tombés, vraiment. Trop gênant. Et ensuite, entre allers-retours entre Londres et les States, c’est elle qui m’a semblé complètement perdue.

Je ressors donc de cette lecture mitigée !

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