Les monologues d’un hippocampe – Stine Pilgaard & Vers l’écriture : récit de transmission – Jeanne Benameur

Bonjour à toutes et à tous, j’espère que vous allez bien 🙂 Voici deux petits retours de lecture, histoire de reprendre un peu pied par ici. En vous souhaitant un très bel été ! A bientôt !

Les monologues d’un hippocampe – Stine Pilgaard

Min mor siger, 2012. Traduit du danois par Catherine Renaud. Éditions Le bruit du monde, 2023 ; réédité en poche chez 10-18, juin 2025, 168 p.

★★★★★★★★★☆

Mon avis :

Il y a dans ce roman une énergie contagieuse. Je l’ai trouvé un peu inégal, mais j’en ressors emballée. La plume de la danoise Stine Pilgaard est décalée et souvent brillante, et son humour savoureux.

La narratrice vient de se faire quitter par sa petite amie et a le cœur brisé. Elle nous les brise aussi pas mal au début j’avoue, avec sa tendance nombriliste, mélodramatique et odieuse. Mais c’est finalement pour mieux nous illuminer, tout ça, par la force des liens qui unissent les êtres habitant ces pages. Des personnages parfois rocambolesques. Des liens touchants.

… Et une narratrice qui régulièrement écoute, si l’on peut dire, son hippocampe lui montrer la mémoire de certaines parties de son corps. Des monologues étranges, débridés, et souvent captivants.

« J’ouvre mon coffre au trésor derrière la luette, je suis éblouie par vos sourires, ils rayonnent vers moi, et je suis prise de panique, imagine, si vos sourires disparaissaient. Je veux les conserver dans toutes leurs nuances, je veux me former à la poterie et modeler vos sourires en argile, comme un sculpteur je veux tailler vos sourires dans le bronze et en faire des expositions. Je veux dessiner vos sourires sur la plage, les graver dans les arbres avec un cuter émoussé, me les faire tatouer sur le haut de mes bras comme un marin, et enfin, enfin, je serai entièrement enveloppée par vos sourires. »


Vers l’écriture : récit de transmission – Jeanne Benameur

Actes Sud, janvier 2025, 176 p.

★★★★★★★★☆☆

Mon avis :

Jeanne Benameur a une longue expérience dans l’animation d’ateliers d’écriture et revendique aujourd’hui une vision précise et construite de sa pratique, qu’elle raconte et transmet dans ce petit livre. Un peu comme un manuel illustré de nombreux exemples tirés de sa pratique professionnelle et de sa vie, à l’usage des animateurs – mais aussi un outil inspirant pour tous.

L’écriture est pour elle une profession de foi, un exhausteur de vie. Elle permet de creuser en soi, elle ouvre sur l’autre, dans l’autre. Des ateliers parfois pour un public empêché, des ateliers obligés, des gens enfermés dans des vies compliquées. Et l’écrit, le rapport au mot, à ce qu’il nous dit de nous, ce qu’il nous apprend des autres, l’écriture pour lier, pour secourir, pour sortir du quotidien, s’armer, s’évader, grandir et lutter.

Vers l’écriture, récit de transmission a été une lecture intéressante, j’ai vraiment bien aimé comment elle décortique étapes par étapes le mot, ce que l’on voit, ce qu’on ressent, parfois s’en trouver dépassé, comment se le dire, l’écrire, et éventuellement le partager.

« Mais encore plus loin que ma propre enfance, quelque chose d’autre appelle.
On prend sa place dans la lignée. On n’efface rien. On écrit sur. »

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