Chien 51 : Actes Sud, 2022 – réédition en poche chez Babel, 2024 ; 304 p → ★★★★★★★★★☆
Zem : Actes Sud, 2025 ; 288 p. → ♥
Mon (mes) avis :
Dans un futur sans doute pas si lointain. GoldTex vient de racheter la Grèce. Le monde est devenu une sorte de Monopoly géant où des firmes rachètent les pays surendettés, les habitants n’étant plus que des marchandises.
Trente ans plus tard, Zem Sparak, qui avait réussi à fuir Athènes, est devenu un « chien » pour les autorités de Magnapole (matricule XP 51), un flic sous-côté, qui fouille dans les rues de la zone 3. Magnapole, ses cilariés (un mix entre citoyen et salarié, Brrrr), ses zones 1 et 2 protégées par un dôme climatique, et sa zone 3 où les moins qualifiés et les laissés pour compte survivent tant mal que bien.
« Et peut-être au fond était-ce ce qu’exigeait GoldTex. Une dissolution totale de l’individu dans le grand projet commun. N’être plus qu’un corps qui travaille. »
La découverte d’un cadavre dépecé en zone 3 va changer la donne. Zem se retrouve « verrouillé » à une inspectrice de la zone 2, Samia Malberg, ambitieuse, parfaitement intégrée dans cette société privatisée. Ils vont devoir collaborer pour résoudre cette affaire.
Chien 51 est une dystopie intelligente qui fait froid dans le dos. L’ambiance est merveilleusement travaillée, les personnages addictifs, et puis l’écriture est au diapason, d’une force brute un peu ténébreuse qui n’en fait jamais trop, pas la peine car tout est déjà là. J’ai a-do-ré ce roman.
Ma lecture terminée, j’ai donc embrayé immédiatement sur sa suite, Zem. Et Ô miracle : ce roman, qui se passe trois ans plus tard, est encore meilleur. Les décors se fissurent, le monde s’ouvre, la vie s’accroche et déborde, les personnages principaux prennent encore plus d’épaisseur.
Je conseille cette duologie absolument !
« Si les machines peuvent désobéir par loyauté, peut-être faut-il encore croire en l’avenir »

