Les Éditions du Panseur, 2025 ; 183 p.
♥
Mon avis :
Comme une lanterne sur les ruines est l’histoire d’un apprivoisement, d’un attachement. C’est l’histoire d’une rencontre, au départ un hasard, entre deux très jeunes gens. Elle est au collège, effacée, discrète, il est à peine plus vieux qu’elle et vit dans la rue – depuis longtemps. D’un amour commun et intense pour les vers de Prévert et de bouts de temps partagés de jour en jour, ils vont s’inventer une bulle d’existence, rien qu’à eux.
Voici un livre que j’ai découvert par hasard, d’une maison d’édition que je n’avais encore jamais lue. Et quelle pépite. Je tourne autour de la rédaction de ma chronique depuis quelques jours, ne trouvant pas les mots pour en parler sans trop en dire, ni pour lui rendre hommage sans tout écraser d’une exaltation trop vive.
L’écriture de Cécile Schouler m’a captivée, saisie, dès les premières pages : vibrante et fine, pudique, sensible et lumineuse, jamais mièvre. C’est un bout de sa vie qu’elle nous partage, un fil conducteur, et à l’intérieur de chaque mot de chaque virgule au tournant de chaque phrase, on sent qu’elle aurait pu nous hurler tout ce qu’elle raconte. Elle aurait pu tout noyer, tout matraquer. MAIS au contraire c’est comme si elle avait piqué tous les bouts de ses doigts pour tisser chaque étoile dans le ciel, et tous les cris qu’elle n’a pas hurlé dans ces pages ont transformé tous les mots qu’elle a travaillé à y écrire en une histoire plus que vivante, plus que belle, plus que douloureuse aussi.
Comme une lanterne sur les ruines a été un coup au cœur.
« Tu regardes la pluie qui tombe à l’intérieur de toi. Il a toujours plu dans ta tête, mais on arrivait à en faire des arcs-en-ciel, aujourd’hui ça fait juste des flaques de boue. »

