The Tear, 2008. Traduit par Gilles Goullet, illustration de couverture par Aurélien Police. Éditions Le Bélial’, coll. « Une heure-lumière », mars 2026 ; 128 p.
♥
Mon avis :
Cette novella de l’auteur nord-irlandais Ian McDonald m’a enthousiasmée. Les premières pages je n’ai rien compris, mais c’était déjà beau, intriguant, écrit d’une plume scintillante et fluide, puissante. Puis, rapidement, on entre dans l’histoire.
Sur le monde de Tay, au seuil de l’âge adulte, les jeunes gens se rendent dans des maisons de Multiplication, où ils font « déplier » leur personnalité. Durant six mois, huit se révèleront à mesure, comme la fleur en éclosant laisse apparaitre chacun des pétales qui la composent, pour devenir elle-même. Ainsi Ptey, la personnalité d’enfance du narrateur, devra laisser sa place à Nejben, puis Serejen, et puis d’autres encore : huit « Aspects », un tout. « C’est de cette manière que notre monde a façonné notre intelligence. Un moi pour chaque saison. » Une personnalité pour chaque besoin.
Sur Tay, la vie suit son cours. Mais dans le ciel, plus de 800 habitats spatiaux de la communauté Anpreem, gros chacun comme une lune, ornent Béphis la géante gazeuse aux six anneaux, depuis deux fois l’âge de Ptey. Pourquoi sont-ils là, que veulent-ils ? Qui sont-ils ? […]
J’ai été entièrement conquise par cette histoire, à la fois intime et cosmique. J’en aurais voulu plus, tout va peut-être un peu trop vite – format court oblige – mais l’ensemble est si foisonnant, affûté et intelligent, intrigue et écriture, que finalement je me dis que Aspects n’aurait pas pu prendre une autre forme que celle-ci.
J’avais déjà adoré sa trilogie Luna et sa novella Le temps fût, maintenant je me dis juste ceci : Ian McDonald est un génie.
Ian McDonald sur le blog : Luna, tome 1 : Nouvelle lune / Luna, tome 2 : Lune du loup / Le temps fut

