Mariage fantôme – David Park

Ghost wedding, 2025. Traduit de l’anglais (Irlande du nord) par Cécile Arnaud. Éditions La Table Ronde, quai voltaire, février 2026 ; 288 p.

★★★★★★★★☆☆

Mon avis :

Les chapitres de Mariage fantôme alternent entre deux époques : deux histoires ancrées autour de la présence d’un même lac, créé sur le domaine d’un grand manoir, non loin de Belfast. D’un côté, juste après la première guerre mondiale, l’ingénieur Georges Allenby est chargé de créer ce lac – c’est un ancien officier, hanté par ses souvenirs des tranchées. Cent ans plus tard, aujourd’hui, Alex et Ellie choisissent le pavillon de chasse tout juste rénové qui le surplombe, pour y célébrer leur mariage.

Ces pages sont souvent troublées par le souffle discret d’une transparence entre les mondes. Des personnes et des lieux, chacun abritant ses propres fantômes, anciens ou à venir. Ces narrations parallèles, habilement diluées dans les deux histoires principales, apportent à ce roman une texture très riche et beaucoup de couleurs. C’est vraiment bien fait.

Mariage fantôme questionne les fêlures humaines, et ce qui nous construit. Comment certains choix, des rencontres, d’autres existences, vont articuler et ancrer nos vies, tandis que d’autres encore les contaminent et même parfois les hantent. La difficulté d’être deux en restant soi, d’être soi et peut-être deux quand on fait partie d’un tout ; d’être soi tout court. Les réminiscences tourmentées du passé, des pertes et des deuils, le poids grinçant des culpabilités et des regrets, le carcan des classes sociales. L’attachement qui se construit entre les êtres.

J’ai admiré l’écriture de David Park (et sa traduction !) : élégante, sensible et d’une incandescence feutrée. J’ai quand même nettement préféré l’histoire de Georges et celle de Cora – la fin du roman est bouleversante.

J’avais déjà beaucoup aimé son Voyage en territoire inconnu : David Park est un auteur à découvrir 🙂

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