Un peu de littérature française, c’est pas souvent par ici !
• Une unique lueur – Fred Vargas
Éditions Flammarion, avril 2026 ; 528 p.
★★★★★★★★☆☆
Mon avis :
Une très belle femme est retrouvée assassinée, son corps posé dans la rue, un bouquet d’ancolie non loin. Elle est vêtue élégamment, et sa veste de tailleur a un motif pied de poule. Adamsberg et son équipe se retrouvent chargés de l’enquête.
J’ai bien aimé ce nouvel opus. Il y a des longueurs, des éléments sont quand même tirés par les cheveux, mais le charme est là. Cette façon qu’Adamsberg a d’avancer, à tâtons dans la brume, guidé par son instinct et ses intuitions, traquant les lueurs infimes, grattant où ça pose question. Et toute son équipe, tellement attachante. L’accent est vraiment mis cette fois-ci je trouve sur leur dynamique de groupe, tous avec leurs propres bizarreries, parfaitement tolérants les uns envers les autres, ils dégagent une formidable force collective.
Ca m’a donné envie de relire les premiers tomes de la série, L’homme aux cercles bleus, L’homme à l’envers et Pars vite et reviens tard (mon préféré je crois). Je pense avoir lu tous les romans de Fred Vargas – sauf son avant dernier (qui n’est semble-t-il pas son meilleur). Ravie en tous cas d’avoir retrouvé sa plume !
Fred Vargas sur le blog : Temps glaciaires / Quand sort la Recluse
• Avec les fées – Sylvain Tesson
Éditions des équateurs, 2024 – réédité en poche chez Folio, 2025 ; 224 p.
★★★★★★☆☆☆☆
Mon avis :
Sylvain Tesson accomplit en voilier un périple ambitieux et tout à fait formidable : longer les côtes de tous les pays celtiques, en partant de Galice en Espagne, jusqu’aux îles Shetland bien loin au large du Nord de l’Écosse. Galice, Bretagne, Pays de Galles, Irlande, Écosse, puis île de Man. L’idée qui a initié ce voyage, et qui lui donne tout du long son carburant, c’est de « chercher les fées », le Merveilleux, en postulant que peut-être sur les rivages des pays celtes, toutes ces bordures de bout du monde, on arrivera à mieux y voir clair.
Sylvain Tesson est accompagné de deux amis, et le voilier souvent le débarque seul à terre, où il marche, fait du vélo, campe sur les promontoires, avant d’être rembarqué plus loin pour poursuivre leur périple.
Bon, ça ne change pas, Sylvain Tesson est sentencieux, souvent prétentieux dans son snobisme littéraire (voire carrément ridicule dans certains jugements à l’emporte-pièce sur telle catégorie de personnes), et il tricote ce qu’il voit ou croit deviner, pour justifier son essence réactionnaire.
J’ai néanmoins aimé l’idée de ce texte, et le voyage y a souvent été agréable. Les cartes faites main en début de chaque chapitre sont top, avec le cheminement exact du voilier d’étape en étape, les points de paysage remarquables, ainsi que les sections marchées ou roulées à terre.
Franchement, Avec les fées fut pile la lecture qu’il me fallait en rentrant de vacances fin juillet – vacances durant lesquelles j’ai moi-même parcouru un bout d’Écosse et d’Irlande.
Je l’ai lu dehors, nez au vent et feuillage bruissant au-dessus de ma tête. C’était bien, de rêver à la mer, aux côtes de l’ouest, à mes souvenirs, de réfléchir aux fées, au Graal, aux paysages, aux gens qui les ont arpentés et ont été façonnés par eux.
Ma lecture de ce texte a donc été en dents de scie, mais quand même souvent intéressante (quand je ne ronchonnais pas à cause de tel ou tel passage).
Sylvain Tesson sur le blog : Sur les chemins noirs



